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Crédit du Maroc 2026 : de la banque historique à la plateforme de croissance, de paiement et de finance verte
Au premier semestre 2026, Crédit du Maroc affiche 1,914 milliard de dirhams de produit net bancaire et 532 millions de dirhams de résultat net part du groupe. Derrière ces chiffres, une transformation plus large se dessine : paiements, technologie, PME, financement vert et renforcement du capital convergent dans une même stratégie.
1. Un nouveau cycle après l’ancrage Holmarcom
Crédit du Maroc est une banque historique du paysage financier marocain. Mais la séquence ouverte avec son passage sous contrôle du groupe Holmarcom marque davantage qu’un changement d’actionnaire. Elle a déclenché une recomposition de l’identité, de la gouvernance, des métiers et des ambitions.
La nouvelle identité visuelle, lancée après l’intégration au groupe marocain, a placé le bleu et le rouge au centre de la marque et installé la signature « Vous d’abord ». Derrière le langage de marque, l’enjeu est opérationnel : repositionner la banque autour des familles, de la classe moyenne, des professionnels, des TPME et des entreprises, tout en élargissant les métiers spécialisés.
Le siège Les Arènes, au 201 boulevard d’Anfa à Casablanca, matérialise ce nouveau cycle. Certifié HQE au niveau « Exceptionnel », il a été conçu comme un espace de travail collaboratif, digitalisé et plus sobre sur le plan environnemental. La façade vitrée, les espaces végétalisés et la concentration des métiers dans un même site donnent une traduction physique à une stratégie qui cherche précisément à casser les silos.
2. 2025 : le changement d’échelle financier
L’exercice 2025 donne une mesure claire de l’accélération. Le produit net bancaire consolidé atteint 3,568 milliards de dirhams, en hausse de 8 %. Le résultat brut d’exploitation progresse de 12,8 % à 1,916 Md MAD, tandis que le résultat net part du groupe atteint 864 MDH, soit +16,5 %.
La dynamique ne repose pas sur un seul moteur. La marge nette d’intérêt progresse de 10,4 % à 2,681 Mds MAD. La marge sur commissions augmente de 7,3 % à 494 MDH. Les crédits s’établissent à 62,863 Mds MAD, en hausse de 11 %, tandis que les ressources bilan atteignent 61,228 Mds MAD.
3,568 Md
MAD de PNB consolidé en 2025
864 MDH
de RNPG en 2025
62,863 Md
MAD d’encours de crédits fin 2025
46,3 %
coefficient d’exploitation en 2025
Le coefficient d’exploitation s’améliore à 46,3 %, signe que les revenus progressent plus vite que les charges. Surtout, la banque investit : 248 MDH en 2025, principalement dans la transformation technologique et les capacités opérationnelles. Dans une industrie où la différenciation se joue désormais autant dans le parcours client que dans le bilan, ce détail est stratégique.
3. S1 2026 : croissance rentable et coût du risque en forte baisse
Le premier semestre 2026 confirme que 2025 n’était pas un point haut isolé. Le PNB consolidé atteint 1,914 milliard de dirhams, en progression de 7,8 %. Le résultat brut d’exploitation dépasse pour la première fois au premier semestre le milliard de dirhams, à 1,061 Md MAD. Le RNPG progresse de 19,4 % à 532 MDH.
L’activité de crédit reste dynamique : les encours atteignent 64,276 Mds MAD, soit +7,1 % sur un an. Les financements aux entreprises augmentent de 12,7 % à 41,069 Mds MAD, avec des progressions particulièrement fortes sur le crédit-bail, les crédits à l’équipement et la promotion immobilière.
La collecte progresse elle aussi : les ressources bilan atteignent environ 63,9 Mds MAD, soutenues par une hausse de 14,6 % des dépôts à vue. Le point le plus spectaculaire reste cependant le coût du risque : 28 MDH, en baisse de 78,4 %. Le taux de créances douteuses et litigieuses recule à 6,6 % et leur couverture s’améliore à 86,2 %.
| Indicateur | 2025 | S1 2026 | Lecture |
|---|---|---|---|
| PNB consolidé | 3,568 Mds MAD | 1,914 Md MAD | +7,8 % sur un an au S1 |
| RNPG | 864 MDH | 532 MDH | +19,4 % sur un an au S1 |
| Encours crédits | 62,863 Mds MAD | 64,276 Mds MAD | +7,1 % sur douze mois |
| Coût du risque | 383 MDH | 28 MDH | -78,4 % sur un an au S1 |
Cette combinaison — croissance commerciale, discipline opérationnelle et baisse du risque — donne à la banque davantage de latitude pour financer sa transformation. Elle ne supprime pas les points de vigilance : les créances en souffrance restent un indicateur à suivre, et les revenus de marché peuvent être plus volatils. Mais la qualité du moteur récurrent s’améliore.
4. CDM Boost 2028 : transformer la croissance en modèle
La stratégie CDM Boost 2028 structure cette nouvelle phase. Elle repose sur quatre axes : accélérer la dynamique commerciale, réussir les grands chantiers de transformation, préserver les standards de gouvernance et de gestion des risques, et impulser un changement progressif dans la continuité.
Le plus intéressant n’est pas le vocabulaire du plan, mais son architecture. Crédit du Maroc veut élargir son fonds de commerce, renforcer son positionnement auprès de la classe moyenne et des TPME, puis développer davantage des métiers spécialisés : leasing, bancassurance, transaction banking, paiements et marchés de capitaux.
Ce modèle transforme la banque universelle traditionnelle en une organisation plus modulaire. Un même client entreprise peut avoir besoin de crédit, de cash management, de trade finance, de paiement, de leasing, d’assurance et de financement vert. La création de valeur vient alors de la capacité à connecter ces briques plutôt que de les gérer séparément.
Finance, paiements, immobilier, industrie et technologie : la valeur se crée désormais aux interfaces.
Découvrir NEXUS Style →5. Paiements et digital : la banque devient une plateforme d’usages
Le digital constitue l’un des terrains les plus visibles de cette transformation. L’application MyCDM, les parcours en ligne et les investissements dans le socle technologique déplacent progressivement la relation bancaire de l’agence vers une logique omnicanale.
La création de CDM Pay ajoute une dimension différente : la banque ne veut plus seulement émettre des moyens de paiement, elle veut aussi intervenir dans l’acquisition commerçante, l’équipement, le processing, la conformité et la gestion de la fraude. Autrement dit, la monétique devient un métier à part entière.
Le partenariat stratégique signé avec Mastercard en 2024 vise précisément l’introduction de nouvelles technologies et l’accélération de la transformation numérique. En 2025, Crédit du Maroc et Visa ont également annoncé une coopération stratégique autour des paiements numériques, de l’innovation et de la sécurité. En septembre 2026, les offres et recrutements liés à CDM Pay montrent que ce chantier continue de monter en puissance.
La banque a d’ailleurs consacré 108 MDH d’investissements au S1 2026, principalement au renforcement de son infrastructure technologique. Dans ce contexte, le digital n’est plus un canal : il devient une infrastructure de production bancaire.
6. Finance verte et capital : préparer la prochaine vague d’investissement
Le deuxième terrain d’expansion est la finance climatique. En 2024, IFC a accordé à Crédit du Maroc un financement de 100 millions de dollars destiné notamment aux PME, à l’entrepreneuriat féminin et aux projets verts. En 2025, la BERD et ses partenaires ont annoncé jusqu’à 50 millions d’euros pour financer des investissements privés liés à la décarbonation et à la résilience climatique.
Ces lignes ne sont pas simplement des ressources supplémentaires. Elles positionnent la banque dans des marchés qui vont prendre de l’ampleur : efficacité énergétique, solaire, bâtiments verts, économie circulaire, traitement des eaux, dessalement et adaptation climatique.
En parallèle, Crédit du Maroc a réalisé en 2026 une augmentation de capital d’environ 699,1 MDH. La motivation présentée aux actionnaires est explicite : soutenir la dynamique de croissance et maintenir les ratios financiers à des niveaux confortables. La solvabilité s’établissait à 13,70 % à fin juin 2026, au-dessus du minimum réglementaire de 12 %.
7. Pourquoi Crédit du Maroc traverse les quatre univers NEXUS
Une banque universelle est, par définition, transversale. Mais Crédit du Maroc devient particulièrement intéressant lorsqu’on le lit à travers la matrice NEXUS : financement, paiement, investissement, assurance et data peuvent connecter des acteurs qui appartiennent à des secteurs très différents.
LIVING
Crédit habitat, promotion immobilière, financement de bâtiments performants, assurance et investissement vert relient directement la banque à l’immobilier et à la ville durable.
MOTION
Industrie, logistique, équipement, leasing, trade finance et cash management font de la banque un maillon du financement des chaînes de valeur productives.
STYLE
Retail, hospitality, e-commerce et marques grand public ont besoin de paiements, financement, acquisition commerçante, assurance et gestion de trésorerie.
TECH
MyCDM, CDM Pay, cybersécurité, infrastructure SI, data, paiements et partenariats technologiques rapprochent désormais la banque de l’écosystème fintech.
Le cas Crédit du Maroc montre ainsi pourquoi la finance ne peut plus être traitée comme une verticale isolée. Dans les grands projets, elle devient une couche commune : elle structure l’investissement, sécurise les flux, finance les équipements et transforme les transactions en données.
La question centrale pour 2028 sera donc moins de savoir si Crédit du Maroc peut continuer à croître que de mesurer jusqu’où cette croissance peut se transformer en plateforme de financement, de paiement et d’accompagnement de l’économie réelle.
Questions fréquentes
Quel est le résultat de Crédit du Maroc au premier semestre 2026 ?
Le RNPG atteint 532 MDH au S1 2026, en hausse de 19,4 % sur un an, tandis que le PNB consolidé progresse de 7,8 % à 1,914 Md MAD.
Qu’est-ce que CDM Boost 2028 ?
CDM Boost 2028 est la stratégie de développement de Crédit du Maroc visant à accélérer la dynamique commerciale, poursuivre la transformation opérationnelle et digitale, renforcer la gouvernance et les risques, et développer les métiers spécialisés.
Qu’est-ce que CDM Pay ?
CDM Pay est l’établissement de paiement contrôlé par Crédit du Maroc, consacré notamment à l’acquisition monétique, à l’équipement des commerçants, au processing des transactions, à la conformité et à la gestion de la fraude.
Comment Crédit du Maroc finance-t-il la transition verte ?
La banque s’appuie notamment sur un financement IFC de 100 M$ annoncé en 2024 et sur un package BERD et partenaires pouvant atteindre 50 M€ annoncé en 2025 pour soutenir des investissements climatiques privés au Maroc.
Sources
- Crédit du Maroc — Rapport financier annuel 2025
- Crédit du Maroc — Publications financières 2026
- AMMC — Crédit du Maroc, résultats S1 2026 et opérations financières
- Mastercard — partenariat stratégique avec Crédit du Maroc
- IFC — financement de 100 M$ à Crédit du Maroc
- BERD — package de financement vert jusqu’à 50 M€
- Crédit du Maroc — Les Arènes, siège HQE à Casablanca
Note éditoriale : cet article est une analyse indépendante de la rédaction NEXUS. Il ne constitue ni une communication de Crédit du Maroc, ni l’annonce d’un partenariat, d’un sponsoring ou d’une participation de Crédit du Maroc à NEXUS Expo & Summit 2026.
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