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Africa Film Fund : un milliard de dollars pour changer l’échelle du cinéma africain
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Africa Film Fund : un milliard de dollars pour changer l’échelle du cinéma africain

Le financement annoncé par Afreximbank peut renforcer production, studios, distribution et propriété intellectuelle. Le dossier identifie les conditions pour convertir le capital en industrie durable. Le 9 juillet 2026, Afreximbank et FEDA ont nommé One Street Studios co-general partner du Pan African Film Fund, qui vise à mobiliser jusqu’à un milliard de dollars. Cette étape fait passer le fonds d’une ambition annoncée vers une structure d’investissement en cours d’opérationnalisation.

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Africa Film Fund : un milliard de dollars pour changer l’échelle du cinéma africain

Le financement annoncé par Afreximbank peut renforcer production, studios, distribution et propriété intellectuelle. Le dossier identifie les conditions pour convertir le capital en industrie durable. Le 9 juillet 2026, Afreximbank et FEDA ont nommé One Street Studios co-general partner du Pan African Film Fund, qui vise à mobiliser jusqu’à un milliard de dollars. Cette étape fait passer le fonds d’une ambition annoncée vers une structure d’investissement en cours d’opérationnalisation.

Un fonds annoncé et un fonds capable de décaisser sont deux objets différents. Le premier fixe une ambition, le second impose des standards de dossier à toute une profession. Le cinéma africain vient de passer du premier au second, et c'est le calendrier des producteurs qui s'en trouve modifié.

Le 9 juillet 2026, le fonds a cessé d'être une intention

Le 9 juillet 2026, Afreximbank et le FEDA ont désigné One Street Studios comme associée générale du Fonds panafricain du cinéma, qui vise à mobiliser jusqu'à un milliard de dollars. L'enveloppe avait été présentée lors du lancement du fonds pour le cinéma africain d'un milliard de dollars destiné à transformer l'industrie créative du continent. Documentation arrêtée le 27 juillet 2026.

La nomination d'un associé général n'a rien d'une formalité. C'est l'étape qui donne au véhicule une équipe de gestion, une thèse d'investissement, un processus de sélection et une discipline de reporting envers ses souscripteurs. Autrement dit, quelqu'un devra désormais expliquer chaque décision d'investissement et chaque sortie. Pour un producteur, cela signifie que la conversation ne portera plus sur l'intérêt artistique d'un projet, mais sur sa documentation juridique, son plan de financement et sa trajectoire de recettes.

Afreximbank a par ailleurs annoncé viser un doublement de son financement CANEX, porté à 2 milliards de dollars, au service de l'économie créative africaine. L'existence de deux instruments distincts, l'un dédié au cinéma, l'autre plus large, mérite d'être comprise avant tout démarchage : un même projet ne se présente pas de la même manière selon qu'il cherche du capital dans un fonds ou une facilité de financement bancaire.

Un milliard de dollars ne finance pas des films, il finance une chaîne

Le réflexe naturel consiste à traduire une enveloppe en nombre de longs métrages. Ce calcul induit en erreur, car un fonds de cette nature n'a aucune raison de tout placer en production. Le capital d'une filière se répartit entre plusieurs usages qui n'ont ni le même risque, ni la même durée, ni le même rendement attendu : l'investissement en capital dans des sociétés de production ou des studios, le financement de production proprement dit, le préfinancement de crédits et d'aides déjà accordés, la couverture des coûts de sortie et de promotion, enfin l'équipement en infrastructures de tournage et de postproduction.

Cette répartition détermine qui bénéficie réellement du fonds. Un véhicule qui investirait presque exclusivement en production ferait tourner des films sans corriger les goulots qui les empêchent d'être finis, livrés et vus. Un véhicule qui financerait surtout des infrastructures créerait des capacités qu'aucun volume de projets ne remplirait. L'équilibre entre les deux constitue l'essentiel de la thèse d'un associé général, et c'est la première question à poser lors d'un premier rendez-vous.

Deuxième conséquence pratique : un fonds ne remplace pas les guichets existants, il s'y adosse. Les décaissements viennent normalement compléter des apports déjà sécurisés, ce qui déplace la charge de travail vers l'amont. Le producteur qui arrive avec un plan de financement dont la moitié reste hypothétique demande en réalité au fonds de prendre un risque de montage, pas un risque de production.

Ce que la chaîne des droits doit prouver avant tout décaissement

La documentation juridique est le point où la plupart des dossiers africains perdent des mois. Un financier ne peut engager de l'argent que si la propriété de l'œuvre se démontre sans interruption, du premier document d'origine jusqu'au contrat de production : cession de droits d'adaptation, contrats d'auteurs et de scénaristes, accords avec les interprètes, autorisations musicales, droits d'image des lieux et des personnes.

Chaque maillon manquant devient un risque chiffrable, donc une décote ou un refus. Les situations les plus fréquentes sont connues : un scénario développé pendant des années sans contrat écrit avec son auteur, une musique utilisée sur la base d'un accord verbal, des rushes tournés sans autorisation formelle, une coproduction bâtie sur un échange de courriels. Rien de tout cela n'est irréparable, mais tout cela se répare avant de solliciter un fonds, jamais pendant l'instruction.

À cette chaîne s'ajoutent les instruments qui rendent un financement bancarisable : assurance de production, garantie d'achèvement, séquestre des recettes, règles d'ordre de remboursement entre financiers. Ces mécanismes ont un coût, souvent sous-estimé dans les budgets de première génération. Les intégrer dès le devis initial évite de devoir arbitrer, en fin de montage, entre la conformité financière et les jours de tournage.

Studios, postproduction et compétences : le goulot n'est pas le scénario

Les projets africains ne manquent pas d'histoires, ils manquent de capacité industrielle disponible aux dates où ils en ont besoin. Un plateau, une salle de mixage, un étalonnage, un laboratoire de restauration, une équipe d'effets visuels : ces ressources se réservent des mois à l'avance et se paient en devises quand elles se trouvent à l'étranger.

Trois arbitrages structurent les décisions d'équipement.

  • Construire ou louer : un studio détenu immobilise du capital et impose un taux d'occupation élevé pour tenir ses charges ; la location externalise le risque mais expose aux calendriers d'autrui.
  • Postproduire sur place ou à l'export : traiter localement retient la valeur et forme des équipes, mais exige des machines, des licences et des techniciens confirmés que l'on ne recrute pas en trois semaines.
  • Former sur projet ou hors projet : la formation en production réelle transmet vite mais fragilise le planning ; la formation en école coûte avant de produire du revenu.

Le calendrier d'un fonds impose son propre tempo aux candidats. Une équipe de gestion qui vient d'être désignée consacre ses premiers mois à construire son processus, à sécuriser ses souscriptions et à examiner les dossiers déjà mûrs. Les projets prêts au moment où ce processus s'ouvre passent en premier, non parce qu'ils sont meilleurs, mais parce qu'ils sont instruisables. Un producteur qui attend l'annonce d'un appel formel pour rassembler ses contrats se présentera au deuxième tour, avec une concurrence mieux préparée.

La question des compétences se joue sur des métiers rarement mis en avant : régie, direction de production, comptabilité de production, gestion des droits, montage son, contrôle qualité de livraison. Ce sont ces fonctions qui déterminent si un film sort dans les délais et si les livrables sont acceptés par un diffuseur. Un fonds sérieux les regardera dans l'équipe avant de regarder la filmographie du réalisateur.

Distribution, plateformes et devises : d'où revient l'argent

Un investissement se rembourse par les recettes, et les recettes dépendent des chemins d'accès au public. Salles, télévisions, plateformes, ventes internationales, exploitations non commerciales : chacun de ces canaux a ses délais de paiement, ses taux de commission, ses obligations de livraison technique et sa monnaie de règlement.

Deux difficultés propres au continent pèsent sur les modèles. La première est la fragmentation : vendre dans plusieurs pays suppose autant de contrats, de traductions, de formats et de vérifications de droits, ce qui alourdit le coût unitaire de chaque euro de recette. La seconde est la question monétaire : produire en devise forte et encaisser en monnaies locales expose la production à un écart qu'aucune qualité artistique ne compense. Anticiper cet écart dans le plan de financement relève de la gestion courante, pas de la prudence excessive.

La coproduction reste le montage le plus courant pour atteindre plusieurs marchés à la fois, et le plus exigeant sur la rédaction. Répartition des droits par territoire, langue de la version originale, obligations de dépense dans chaque pays participant, propriété des éléments techniques, arbitrage en cas de litige : chaque point omis se paie au moment de la première vente internationale. Un accord de coproduction signé tard, après le tournage, revient presque toujours à céder de la valeur en position de faiblesse.

Les données d'audience constituent le troisième levier. Un producteur qui ne dispose d'aucune information sur la performance de ses œuvres négocie à l'aveugle son film suivant. Les architectures de diffusion, de mesure et de rémunération relèvent du terrain de NEXUS Tech, où éditeurs de plateformes, opérateurs techniques et détenteurs de catalogues discutent des conditions d'accès aux données plutôt que de leur seule existence. Les structures de fonds, les instruments de garantie et les conditions de décaissement se traitent en parallèle du côté de NEXUS Summit, où siègent les financeurs.

Ce que cela change pour vous, producteur, studio ou territoire

Pour un producteur, le travail des prochains mois est documentaire avant d'être artistique. Il consiste à reconstituer la chaîne des droits de chaque projet du portefeuille, à mettre à jour les budgets avec les coûts d'assurance et de garantie, à identifier les apports déjà sécurisés et à formuler une demande précise plutôt qu'un besoin global. Une note de trois pages qui indique le montant recherché, sa place dans le plan de financement, l'ordre de remboursement proposé et les livrables attendus vaut mieux qu'un dossier de cinquante pages sans structure financière.

Pour un studio ou un prestataire technique, l'enjeu est la lisibilité de l'offre : capacités disponibles par mois, tarifs, standards de livraison respectés, références vérifiables. Un fonds qui investit dans une filière cherche des prestataires capables de tenir un calendrier, ce qui suppose des plannings publiés et non négociés au coup par coup.

Pour un distributeur ou une plateforme, la contrepartie du financement est la transparence des remontées. Un contrat qui ne prévoit ni fréquence de reporting, ni définition claire des recettes nettes, ni audit possible ne sera plus acceptable dans un environnement où le capital vient d'investisseurs institutionnels.

Pour un territoire ou une institution, la question porte sur la valeur retenue localement. Accueillir un tournage produit de la dépense immédiate ; installer une capacité de postproduction produit un revenu récurrent et des carrières. Les deux ne s'arbitrent pas de la même manière et ne se financent pas au même horizon.

Cinq indicateurs suffisent à juger si le capital a produit une industrie plutôt qu'une saison faste : le revenu effectivement perçu par les créateurs et les interprètes, l'existence de droits enregistrés et de contrats écrits sur l'ensemble du catalogue, la part de la dépense de production engagée sur le territoire, le nombre de marchés où les œuvres accèdent réellement à une diffusion, enfin la proportion d'emplois déclarés, assurés et reconduits d'un projet au suivant. Publier ces cinq points chaque année en dirait davantage sur le fonds que le montant mobilisé.

Ce que Tanger peut mettre autour d'une table en novembre

L'édition 2026 de NEXUS Expo & Summit occupe Tanger du 11 au 15 novembre et rassemble plus de 500 exposants, marques, institutions, partenaires et activations, autour d'une plaza centrale de 2 000 m² où peuvent tenir projections, démonstrations techniques et rendez-vous de coproduction.

L'utilité d'un tel rassemblement pour la filière audiovisuelle se mesure à la composition de la table : un porteur de projet, un prestataire technique capable de s'engager sur des dates, un juriste des droits, un financeur, un diffuseur et un représentant du territoire d'accueil. Six chaises, une décision. Un panel sans ces six métiers produit des intentions.

Pour préparer ce rendez-vous, trois documents suffisent : la liste des projets avec leur état de droits, le besoin de financement chiffré et daté, la liste des prestations à contractualiser. La participation se chiffre à partir de 825 MAD HT/m², avec un Early Bird à -50 % ; toute autre configuration passe par un devis.

Sources

Rejoindre le parcours Media & Creative Industries

African Film Investment Readiness

Outil d'auto-positionnement NEXUS, sans valeur normative.

Diagnostic de maturité sur droits, portefeuille de projets, distribution, financement, talents.

  1. Votre organisation dispose-t-elle d’une preuve, d’un responsable et d’un indicateur concernant droits ? Notez de 0 à 4.
  2. Votre organisation dispose-t-elle d’une preuve, d’un responsable et d’un indicateur concernant portefeuille de projets ? Notez de 0 à 4.
  3. Votre organisation dispose-t-elle d’une preuve, d’un responsable et d’un indicateur concernant distribution ? Notez de 0 à 4.
  4. Votre organisation dispose-t-elle d’une preuve, d’un responsable et d’un indicateur concernant financement ? Notez de 0 à 4.
  5. Votre organisation dispose-t-elle d’une preuve, d’un responsable et d’un indicateur concernant talents ? Notez de 0 à 4.

Barème : 0 à 4 par question ; total × 5 = score /100.

Lecture du score : 0–39 Explorateur : comprendre l’écosystème · 40–69 Bâtisseur : structurer le projet · 70–84 Connecteur : préparer les partenariats · 85–100 Accélérateur : candidater, exposer ou investir.

Sources

Passer de l’analyse à l’action

Préparer des rendez-vous B2B
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